Dynamique d'une maison de vacances à la ville
Ce projet n'est pas un exercice de bonté. On n'y trouvera pas de plaidoyer pour une maison de vacances en ville, pour la ville. Il ne constitue pas une solution, qui serait de toute façon présomptueuse à formuler. En tant que lieu d'exclusivité et de convoitise, c'est une maison qui se laisse regarder, contempler, voir épier.
À la manière d'un vaisseau arrimé à la ville, mais prêt à repartir, c'est une machine pour un refuge exclusif, fabriqué pour fuir la ville tout en étant au plus près de cette dernière. La maison se positionne comme catalyseur d'un moment confrontant entre l'espace public et le plus domestique. Située au bassin Peel à Montréal, la maison de vacances se retrouve habitée par cette proximité insoutenable à la ville, loin d'une campagne pastorale.
En croisant et froissant ces niveaux de privacité, le projet tente d'y découvrir une manière d'habiter inusitée. La maison de vacances, sans devenir un lieu physiquement éloigné, devient l'outil pour révéler les tensions que portent ses occupants avec leur propre rapport à la ville et à l'exclusivité.
Habitée que de manière très ponctuelle dans l'année, la maison est devenue au fil du temps le lieu quotidien d'une autre occupation : de ceux qui en prennent soin. Ainsi, la maison se présente par ce qui s'y vit entre l'occupation éphémère de ses propriétaires. Elle est véritablement habitée par les personnes s'affairant à sa maintenance, veillant à son entretien, ouvrant et fermant les rideaux, nettoyant la piscine, faisant vivre ce lieu entre deux séjours.